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Ceder son entreprise

Ceder son entreprise

L’entrepreneur cédant est par nature un solitaire. Pourtant, lors de la vente de sa pme, il est indispensable qu’il s’entoure de compétences en amont pour préparer sa mise en vente. Céder son entreprise n’est pas une opération anodine. Que ce soit une opération prévue de longue date comme la retraite ou une opération subie comme la maladie ou le divorce, la préparation de la vente réponds à des règles strictes si vous souhaitez réaliser votre opération dans les meilleures conditions possibles.

Afin de mettre toutes les chances de votre cote et présenter votre affaire sous le meilleur jour, voici quelques demarches à effectuer auprès des professionnels qui vous accompagnent :

Démarche auprès de votre comptable

Demandez à votre comptable de préparer un bilan de cession reprenant les chiffres des trois dernières années. Faites y apparaître les points forts et les solutions pour remédier aux points faibles. Familiarisez vous avec certains termes comme l’ « EBE » (excédent brut d’exploitation) que ne manqueront pas de vous demander les acheteurs. Demandez à votre comptable de vous en expliquer la composition, et demandez lui le cas échéant d’en retraiter les données dans l’hypothèse d’une reprise. Ceci devrait vous permettre de devancer les questions pièges et de vous roder aux arguments financiers Les repreneurs potentiels vous demandant systématiquement ces données comptables, il n’est pas inutile de les archiver sous forme de fichier informatique. Ainsi vous pourrez les transmettre immédiatement sans perdre de temps et sans frais de reprographie ni d’expédition. N’oubliez pas , l’efficacité est souvent payante !

Faites une copie de votre bail (scannez le si possible) et profitez en pour vous assurer du temps restant à courir ainsi que des différentes activités autorisées. Si cela est n nécessaire, sollicitez votre propriétaire pour le mettre à jour et procéder à son renouvellement. Si les activités mentionnées étaient restrictives, profitez en pour lui demander par écrit s’il ne s’opposerait pas à un déspécialisation et avec quelles conséquences. Contactez la Mairie afin de vous assurer que votre local ne fait pas l’objet d’une mesure particulière : droit de préemption ou obligation de maintient d’une activité particulière (commerces de proximité alimentaires) N’hésitez pas pour ce faire à vous faire assister d’un avocat d’affaire spécialisé en baux commerciaux, il saura vous faire éviter bien des écueils. Attention, le bail est un élément essentiel de la transaction. Sa forme, sa durée ainsi que les conditions de révisions sont souvent déterminant pour l’acquéreur. Prenez le temps de bien vous le remémorer afin de pouvoir apporter les réponses les plus pertinentes. Le repreneur a besoin d’être rassuré sur la sécurité et les engagements liés à ce document si important.

Essayez de réaliser une présentation chiffrée de votre clientèle (catégorie, provenance, grands comptes, …) et mettez à jour votre fichier client.
Cet élément fort, dont vous ne devez pas vous départir avant la vente, (l’acquéreur ne pouvant que le consulter sur place) est souvent négligé dans la vie quotidienne de l’entreprise. Il devient essentiel lors de la présentation en vue de la vente. Il faut pouvoir justifier dans le détail la provenance et la nature du chiffre d’affaire réalisé car si jamais un repreneur constatait que le chiffre d’affaire était déguisé, il pourrait se retourner et faire annuler la vente. Bref, un fichier client bien renseigné à un pouvoir de rassurance très important pour le repreneur. Il lui permet de consolider son business plan.

Faites un inventaire des locaux et du matériel. Les biens corporels, c’est-à-dire le matériel et l’outillage, les installations et les agencements sont ils bien la propriété de l’entreprise ou font-il l’objet de conventions particulières (contrats de dépôt, de location …). Quel est leur état. Nécessitent-ils un remplacement ou une mise aux normes dans un proche délai ? et si oui pour quel coût ? Les installations électriques sont elles en conformités ? Y a t-il eu un passage récent de la commission de sécurité et quel a été son avis ?. En devançant toutes ces questions certes fastidieuses, vous vous préparez à les affronter sereinement.
En ce qui concerne le stock, il fera inévitablement l’objet d’une négociation avec le repreneur. Commencez à l’évaluer ainsi que d’envisager différents scénarios. afin de ne pas bloquer la négociation sur cette seule valeur. Ainsi pourrez vous peut être envisager une liquidation ou une grande braderie avant changement de propriétaire, peut être pourrez vous le faire reprendre par un professionnel du déstockage…

Le personnel permanent de l’entreprise doit faire l’objet de toutes les attentions. Théoriquement le repreneur à l’obligation de poursuivre les contrats de travail existant. C’est pourquoi vous devez lister le personnel en place y compris ceux en arrêt maladie ou maternité avec leurs ancienneté dans l’entreprise, leurs fonctions et salaires bruts annuels (primes comprises).

Il reste enfin à déterminer le prix de vente de votre commerce ou entreprise. A cette étape, il sera utile de vous faire assister par des professionnels de la cession de fonds de commerces ou de la transmission d’entreprise. Leurs connaissances du marché et leurs expériences vous feront gagner beaucoup de temps. S’il est vrai que l’on peut se référer à certains indicateurs comme la méthode d’évaluation proposée par les Editions Francis Lefèvre ou par les indicateurs régionaux des Experts comptables, vous devez faire attention de ne pas surévaluer votre bien. En effet vous risqueriez de rester longtemps à la vente et ainsi semer (a tors) le doute sur la qualité réelle de l’affaire que vous proposez. Pour vendre son affaire dans un contexte économique difficile, il est plus que jamais important de « coller » au marché sous peine de se faire rapidement disqualifier !